Conversation 89424 - Guèt brûlé ?!

cubamika22
Mercredi 3 juillet 2024 - 13:55

Pourquoi à la rabanout ils ont brulé le guèt devant moi ?

Cela ne veut-il pas dire qu'il est annulé ?

Tout le rituel était trop bizarre, c'était dans le couloir... ils ont fait ça très vite.

J'ai cherché de partout, dans beaucoup de mekorot, et c'est la conclusion que j'ai... j'aimerais la verité, parce que ça ressemble un peu à Moshé et Tsipora toute cette histoire. Svp.

Rav Samuel Elikan
Mercredi 3 juillet 2024 - 21:13

Shalom,

Je suis désolé d'entendre que vous avez vécu une mauvaise expérience et je comprends que vous soyez perturbée par ce que vous avez vécu et que vous ayez des questions sur le rituel de la remise du guèt.

Permettez-moi de vous expliquer pourquoi le guèt a été brûlé devant vous et ce que cela signifie.

 

1. Pourquoi brûler le guèt ?

Dans certaines communautés, il est coutume de déchirer ou brûler le guèt après sa remise. Cette pratique remonte à des périodes historiques où les autorités non-juives interdisaient les divorces juifs, et les juifs détruisaient les documents de divorce pour éviter des persécutions. Bien que ces décrets n'existent plus aujourd'hui, beaucoup ont conservé cette coutume (1).

 

2. Le guèt est-il annulé ?

Le fait de brûler le guèt ne signifie en aucun cas qu'il est annulé. Le guèt a été valide et effectif dès qu'il vous a été remis. La destruction du document après la remise est simplement une coutume et n'affecte en rien la validité de votre divorce religieux.

 

3. Rituel rapide et dans le couloir

Chaque Beit Din (tribunal rabbinique) a ses propres pratiques et logistiques. Il est possible que, pour des raisons pratiques, ils aient effectué la remise et la destruction du guèt dans un espace qui n'est pas habituel. Cela ne remet pas en cause la validité du processus. Ce qui compte, c'est que toutes les exigences halah'iques aient été respectées.

 

4. Comparaison avec Moshé et Tsipora

L'histoire de Moshé et Tsipora est différente et n'a pas de lien direct avec le processus de remise du guèt. Cependant, il est compréhensible que vous cherchiez à comprendre et à trouver des parallèles. Ce que vous avez vécu est un rituel ancien avec ses propres raisons et significations. N'hésitez pas à poser toutes les questions que vous avez.

 

Cordialement,

 

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(1) le Rav Mordechai Fogelman (dans son responsum Beit Mordechai, vol. II, §29) écrit que la source du décret royal est relatée dans la Guemara Méïla 17a : "Une fois, la royauté a décrété... qu'ils cohabitent avec les nidot (femmes impures)" – "Les autorités romaines en Eretz Israël ont décrété et interdit l'immersion rituelle, et le résultat a été que ceux qui ne tenaient pas l'épreuve du décret cohabitaient avec des nidot. Les gouverneurs romains en Eretz Israël après la destruction du deuxième Temple avaient en fait l'intention, par ce décret, de s'opposer aux mariages, c'est-à-dire qu'Israël en Eretz Israël ne procréerait pas. Ils savaient que la plupart tiendraient l'épreuve du décret et ne se marieraient pas, et qu'Israël disparaîtrait. Par conséquent, ils organisaient les mariages en secret pendant ces périodes de décrets, pour que les autorités ne s'en rendent pas compte. ... En conséquence, les femmes qui divorçaient de leurs maris en Eretz Israël à cette époque avaient peur de garder le guet entre leurs mains, de peur que cela ne révèle qu'elles étaient mariées et qu'elles s'étaient immergées dans un mikvé de purification. Par conséquent, immédiatement après la réception du guet par la femme, elles le déchiraient ou le brûlaient."

Même aujourd'hui, bien que le décret soit passé, on déchire le guet après sa remise (voire on peut le brûler, comme vous le décrivez).

À ce sujet, le rav Isserlein écrit au nom du Maharil (Teroumat Hadéshen, Pessakim et Ketavim, §40) :
"La raison pour laquelle on ne le remet pas à la femme est pour qu'elle ne vienne pas percevoir sa ketouba (d'après Baba Metsia 18a). Mais mon maître dit que peut-être la raison est comme il est dit (dans Guitin 64a) qu'au moment du décret, ils devaient le déchirer. Bien que de nos jours le décret soit annulé, on continue de déchirer comme au début. Nous trouvons également pour le son du shofar qu'ils ont l'habitude de sonner après la lecture à cause du décret (ils sonnent dans la prière de Moussaf en raison du décret de ne pas sonner dans la prière de Shaharit – Roch Hachana 32b), et bien que le décret soit annulé, la coutume n'est pas annulée".