Conversation 90930 - Rancune

ScanSnap
Samedi 8 novembre 2025 - 20:13

Bonjour kvod arabanim

c’est invivable chez moi . Ma femme est très rancunière . Ma sœur n’a pas écrit un mot quand sa mère est décédée car elle savait pas quoi lui écrire . Elle n’a pas envoyé ses enfants pour la shiva alors qu’ils étaient étudiants en Israël …. De puis elle est rancunière . Ma femme retire des choses d’il y a 10 ans des détails et elle en fait tout un plat . Elle veut plus voir ma sœur à cause de cela. Mais par contre quand on va en Israël on doit se taper toute sa famille à elle . Avec ses neveux qui m’ont mal parlé etc . Moi je sais pas ce que c’est la rancune je suis pas rancunier du tout et elle grave. Mais pour moi c’est une faute tellement grave plus grave que si elle se piquait à l’héroïne …./ parce que je peux pas vivre avec une femme rancunière . C’est plus fort que moi. 
ma sœur est venu à 500 m de chez moi chez mes parents et elle veut pas l’inviter à la maison . Je trouve scandaleux . Je lui adresse plus la parole . Pourquoi sa famille serait supérieure à la mienne ? 

Nathaniel Zerbib
Dimanche 16 novembre 2025 - 08:12

Chalom,

Merci pour votre message. Il témoigne d’un réel mal-être et d’un sentiment d’injustice profonde. Il y a plusieurs éléments à distinguer.

Tout d’abord, la rancune est effectivement une attitude vivement déconseillée dans la Torah : "Tu ne garderas pas rancune" (Vayikra 19,18), et nos Sages y voient un poison pour les relations humaines. Mais il faut aussi comprendre qu’elle est souvent la conséquence d’une blessure non résolue, d’un ressentiment mal digéré. Ce n’est pas une justification, mais une explication.
Cela étant dit, ce que vous décrivez ici dépasse le simple reproche occasionnel : c’est un climat permanent de tension où les fautes passées, même anciennes, sont continuellement ravivées. Et cela devient très difficile à vivre.
La question centrale, au fond, est celle de la place de votre famille dans votre foyer. Vous avez le sentiment qu’elle est systématiquement reléguée, disqualifiée, voire méprisée, alors que celle de votre épouse bénéficie d’un accueil et d’une tolérance que vous ne comprenez pas. Et cela vous pèse au point d’atteindre la relation elle-même.
 

Dans un couple, il ne s’agit pas que chacun aime l’autre famille comme la sienne, mais au moins qu’il y ait un respect minimal, une égalité de traitement et une capacité à dialoguer. Lorsque l’un des conjoints se sent effacé, méprisé ou écrasé, la relation se détériore. Vous exprimez cela ici très clairement, et c’est légitime. Vous avez besoin de reconnaissance, d’équité, de respect.
Refuser que votre sœur entre chez vous alors qu’elle est à quelques mètres est un message très dur, qui vous blesse, surtout si en parallèle vous devez honorer une famille qui, de votre point de vue, vous a également manqué de respect. Que faire?

D’un point de vue halakhique, on ne peut pas imposer à quelqu’un d’aimer sa belle-sœur ou de passer l’éponge sur une vieille histoire. Mais sur le plan de la paix du foyer (shlom bayit), il est évident qu’un tel blocage n’est pas souhaitable.
Si les choses sont restées figées à ce point, je vous conseille de consulter un tiers extérieur : rav, thérapeute, conseiller conjugal, peu importe,mais une personne qui pourra vous aider à rétablir un dialogue. La parole est le seul outil pour éviter que l’impasse ne devienne permanente. Et surtout, ne laissez pas la rancune de l’autre déclencher la vôtre.
Vous êtes blessé, oui, mais si vous aussi vous entrez dans une logique de coupure, de silence ou de rupture, vous devenez à votre tour porteur de ce même poison. Vous n’êtes pas comme ça, vous le dites clairement, alors restez fidèle à ce que vous êtes, mais avec force, pas en vous effaçant. Exprimez ce que vous ressentez, fermement mais sans violence.Et surtout, gardez la paix comme objectif, pas la revanche.

Bonne chance dans cette démarche.
Puissiez-vous retrouver de la sérénité, du respect, et une paix véritable dans votre foyer.

Bivrakha.