Conversation 90933 - La Geoula, pour quand ?

Reouven Zemmour
Mercredi 12 novembre 2025 - 21:52

Bonjour, je voulais savoir , qu'est ce qu'il nous manque pour acceder a la Geoula. D. Benisse, 9 millions de juifs vivent en Israel. Israel n'est quasiment plus asservie aux nations. La terre d'Israel redonne de ses fruits. Et pour tant, malgre tout ca, le 3eme Temple n'est pas la. J'entendais un homme versse dans le domaine de nos texte dire qu'il y a plusieurs sortes de Geoula. Notament, la delivrance psycologique. A savoir, que nous nous sentirons mieux. Israel est un des pays les plus heureux du monde. Alors, qu'est ce qu'il nous manque ? Que faut il encore faire et attendre pour etre delivre ? 

Nathaniel Zerbib
Mercredi 19 novembre 2025 - 07:52

Chalom,

Votre question est particulièrement pertinente et reflète une conscience affûtée des signes visibles de la Délivrance dans notre génération. Vous avez raison de souligner que beaucoup d’éléments explicitement annoncés par nos prophètes sont déjà réalisés : la Terre d’Israël redonne ses fruits après des siècles d’abandon, plus de 9 millions de Juifs vivent sur leur terre, Israël est souverain, économiquement fort, culturellement dynamique, et l’un des pays les plus heureux au monde selon de nombreuses études.

Par ailleurs, il est fondamental de revenir à une définition claire de ce qu’est réellement la Guéoula. Et c’est justement ce que fait le Maharal de Prague dans le premier chapitre de Netzaḥ Israël. Il y explique que la Guéoula ne peut être comprise qu’en miroir de la Galout, son opposée. Le Galout est un état contre-nature : Israël, peuple unique, est éparpillé, arraché à sa terre, soumis à d’autres peuples. Une telle situation ne peut durer éternellement car elle contredit l’ordre voulu par le Créateur. De cette définition de la Galout découle celle de la Guéoula, qui est le rétablissement de l’état naturel d’Israël.

Le Maharal y identifie trois composantes fondamentales de la Guéoula :

  1. Le retour sur la Terre d’Israël, car un peuple ne peut exister hors de son lieu naturel.

  2. Le rassemblement du peuple juif, car une entité unifiée ne peut vivre dans la dispersion.

  3. La fin de la domination étrangère, autrement dit, le rétablissement d’une souveraineté politique indépendante.

Ces trois dimensions ne sont pas des ajouts secondaires : elles constituent l’ossature même de la Guéoula. Et c’est précisément ce que nous vivons aujourd’hui. Ceux qui affirment que la Guéoula n’est pas encore arrivée, parce qu’ils s’imaginent un événement mystique ou surnaturel comme seul déclencheur, se trompent sur la nature même de la Délivrance. Nos Sages enseignent que la Délivrance ne se mesure pas à l’apparition de miracles ou de visions célestes, mais à un retour progressif à la normalité, à l’ordre naturel voulu par Dieu. L’État d’Israël, avec toutes ses imperfections, incarne déjà la Guéoula en marche, car il réunit ces trois éléments : la terre, le peuple et l’indépendance.

Ce qu’il nous reste à faire, ce n’est pas d'attendre une Guéoula magique. C’est de compléter celle qui est en cours, progressivement, lucidement, avec constance et responsabilité. Cela passe par l’union du peuple d’Israël, par le raffermissement de notre identité collective, par l’élévation spirituelle de la nation, et par le désir sincère de construire un monde fidèle à la Torah et à l’idéal divin. Le Temple n’est pas encore reconstruit. Cela ne signifie pas que nous sommes en dehors du processus. Cela signifie que nous avons le devoir d’y participer activement, par nos actes, nos choix, notre fidélité au projet divin. Celui-ci conduira inéluctablement à l’achèvement de la Guéoula complète, avec la construction du Troisième Temple et l’avènement de la paix véritable dans le monde.

Ce qu’il manque encore, ce sont les dimensions universelles de la Guéoula, telles que nos prophètes les ont décrites et que le Temple incarnera pleinement. Il manque la reconnaissance, par les nations, de la place singulière d’Israël et de sa vocation spirituelle au sein de l’humanité. Il manque l’éradication des guerres, la disparition des conflits entre peuples, le rejet de la violence comme mode de domination. Il manque encore la prospérité, la liberté, la justice pour tous les peuples, un monde où il n’y aura plus ni esclavage, ni misère, ni humiliation. Tout cela viendra par l’achèvement du processus de Guéoula, dont le Temple sera le cœur vivant, en tant que lieu de rencontre entre Israël et les nations, entre la terre et le Ciel, entre l’humanité et son Créateur.

Nous ne restons pas passifs. Nous avançons. Et nous agissons.

Bivrakha.