Conversation 90949 - ETUDE PARACHAT BERECHIT SUITE

Yan104
Mardi 30 décembre 2025 - 10:35

Bonjour,

Ayant eu de nombreux contretemps j’ai dû hélas interrompre mon étude des parachiot dont celle de Berechit...Dans une question précédente j’avais abordé le thème de la Création de l’Univers et de la légitimité de notre souveraineté sur notre terre. Je poursuis mon étude du pshat sur d’autres aspects du texte biblique autour de la 1ére Allya ayant attiré mon attention.

1-Il semblerait selon Rachi que même la nature n’ait pas complètement obéi à la Volonté Divine car il a explicité le verset "que la terre produise de l'herbe" (v. 1:11) comme sous-entendant que la terre devait produire des arbres dont le goût du bois serait le même que le goût du fruit alors qu’elle n’a produit que des arbres !!...Serait-ce à dire que les arbres fruitiers ne sont apparus que bien plus tard ? Comment se fait-il que des éléments ayant un simple instinct de survie, sans conscience d’eux-mêmes et donc dénués de volonté propre aient pu désobéir à leur Créateur ? Ne retrouve-t-on pas ce même phénomène avec l’ouverture de Yam Souf, les eaux ayant refusé dans un premier temps d’obéir à Moche Rabennou le plus fidèle et humble serviteur de Hashem ?

2-Au terme de tous les autres jours de la création il est mentionné que « Hashem vit que s’était bien », mais pas qu’il ait spécifiquement béni chacun de ces jours :le 7éme jour n’a-t-il eu droit à une bénediction que parcequ’il concluait toute la Création ? A-t-il en fait servi de bénédiction de l’ensemble de l’Ouvrage Divin ? Comment explique-t-on le décalage entre les calendriers hébraïque et grégorien où les premiers jours de semaine démarrent respectivement les dimanche et lundi et ceux de fin de semaine sont les samedi et dimanche, n’est-ce que des considérations astrales lune/soleil, ou y a-t-il un sens plus profond ?

Dans l'attente de vos aimables réponses,

Cordial chalom!!...

Nathaniel Zerbib
Mercredi 31 décembre 2025 - 20:58

Chalom,

  1. Rachi, sur Berechit 1:11, explique que la terre devait produire des arbres dont le bois aurait le goût du fruit. Or elle ne l’a pas fait, n’obéissant qu’en partie à l’ordre divin. Les commentateurs soulignent qu’il ne s’agit pas d’une rébellion consciente, la terre n’ayant pas de volonté propre. C’est une manière d’enseigner que dès la Création, le monde matériel est imparfait, et que l’homme a pour mission d’y rétablir l’harmonie divine. Cette tension entre l’idéal et le réalisé fonde la responsabilité humaine. Le parallèle proposé avec Yam Souf repose sur des midrashim qui montrent que la nature elle-même n’agit qu’en réponse à la volonté divine clairement perçue, comme ici à travers les os de Yossef ou le mérite d’Israël. Cela renforce l’idée que tout dans le monde tend vers un but spirituel, mais n’y parvient qu’avec le concours de l’homme.
     
  2. Le septième jour, contrairement aux autres, reçoit une bénédiction explicite et une sanctification (Berechit 2:3). Selon les Sages, cela signifie qu’il est source de paix, de repos et de plénitude, et qu’il élève la Création à un niveau supérieur. Il n’est pas seulement le dernier jour, il en est le couronnement. Certains y voient une bénédiction pour toute l’œuvre des six jours. Le décalage avec le calendrier grégorien s’explique par des choix historiques et théologiques propres à d’autres cultures. Mais le cycle hébraïque, centré sur le Chabbat, exprime une vision du temps où la finalité est spirituelle. Le Chabbat n’est pas une simple pause, il est le témoignage que le monde a un Créateur, une direction et un sens.

Bivrakha.