Conversation 90953 - Couple- mikvé

LAETYBEN
Mercredi 7 janvier 2026 - 21:46

Bonjour

Cela fais maintenant plusieurs semaines qu'entre mon mari et moi sa n'a va pas nous sommes en thérapie de couple et des qu'il peux il fuit la maison il rentre tard casiment tous les soirs, bureau ses parents.. il ne fais pas trop d'effort et ne se remet jamais en question. Je prends beaucoup sur moi mais j'explose. La question est que je suis parti au mikvé comme prévu mais je ne lui ai pas dit car il tarde tous les soirs et avant il me demander tous le temps quand tombe le jour exact sauf que la rien et je me sens vraiment rejeté et abandonné, le mous dernier je lui ai dit et il ma dit fais ce que tu veux comme dk qu'il sen foutais, jy suis aller et 3 jours apres sa a reexploser, et sa me fais du mal a chaque fois, jai pas l'impression d'etre respecté, surtout qu'il est parti 2 semaines chez ses parents depuis il est revenu sa fais 1 semaine et mon mikvé étais il y a 1 jour.

Est ce que je dois lui dire? En sachant que ne veux rien pour l'instant vu son comportement!

Merci

Nathaniel Zerbib
Jeudi 8 janvier 2026 - 22:14

Chalom,

Votre message est très touchant et il faut d’abord dire une chose clairement et calmement : ce que vous décrivez relève d’une vraie souffrance, et cette souffrance mérite d’être prise au sérieux, indépendamment de toute question technique de halakha.

Sur le plan strictement halakhique, le fait d’être allée au mikvé est une mitsva personnelle qui ne dépend pas du comportement du mari ni de son « intérêt » à ce moment-là. Vous n’avez rien fait de mal. Il n’existe aucune obligation halakhique d’annoncer au mari l’immersion, surtout dans une situation où la relation est tendue et où vous ne souhaitez pas de rapprochement pour l’instant. Le mikvé ne crée pas une obligation d’intimité automatique. La Torah n’impose jamais à une femme de se rendre disponible émotionnellement ou physiquement lorsqu’elle se sent blessée, rejetée ou non respectée.

Il est important de bien distinguer deux choses. D’un côté, la tahara et le mikvé, qui relèvent de votre lien à Hachem et de votre foyer sur le plan spirituel. De l’autre, la relation conjugale concrète, qui repose sur le respect, la présence, la responsabilité et l’engagement mutuel. Quand ces bases sont fragilisées, la halakha ne demande pas de faire comme si tout allait bien.

Dire ou ne pas dire n’est donc pas une question de « devoir religieux », mais une question relationnelle et thérapeutique. Si vous sentez qu’en parler aujourd’hui ne ferait qu’ouvrir une nouvelle blessure, raviver un conflit ou vous exposer à une réaction de mépris, vous n’êtes absolument pas tenue de le faire. Se taire dans ce cas n’est ni un mensonge ni une faute, c’est une protection légitime.

En parallèle, il faut dire avec beaucoup de clarté et de douceur envers vous-même : le malaise que vous ressentez n’est pas causé par le mikvé. Il est causé par une dynamique où vous avez l’impression d’être laissée de côté, de ne pas compter, et de porter seule le poids du lien. Tant que ce point-là n’est pas travaillé en profondeur, chaque détail, même spirituel, devient douloureux.

Continuez la thérapie, et si possible exprimez précisément cela dans ce cadre : non pas des reproches, mais ce que vous vivez intérieurement, ce sentiment d’abandon, d’invisibilité, de manque de considération. C’est là que se joue l’essentiel, pas dans le fait d’avoir dit ou non une date.

Que Hachem vous donne de la clarté, de la force intérieure, et surtout la capacité de ne pas vous perdre vous-même en essayant de sauver le lien. Le couple est une construction à deux, jamais un sacrifice unilatéral.

Bivrakha.