Conversation 49515 - Le tzitzith de couleur bleue

elkaim
Jeudi 29 octobre 2009 - 23:00

kvod arav,
ma question porte sur le petil tehelet . Je viens d'acquérir un talit gadol avec ces fils bleus ,suite à un article que j'ai lu qui disait que les rabbanims reconnaissent l'exactitude de la recette ancestrale qui a été retrouvée vers 1984 seulement.Je voudrai savoir ce qu'en dit la Tora dessus,sa signification en dehors du fait qu'il figure dans le 3eme paragraphe du chema ?

Jacques Kohn z''l
Vendredi 30 octobre 2009 - 05:58

Selon les recherches entreprises en 1887 par Rabbi Guerchone ‘Hanokh Leiner (1839-1890), le ‘hilazone, animal employé pour teindre les tzitzith en bleu, ne serait autre que la seiche commune (Sepia officinalis), de la famille des pieuvres.

A la fin de l’année 1889, il avait fini de prendre ses dispositions pour une fabrication sur une grande échelle de sa laine bleue, et un an plus tard, près de quinze mille personnes la portaient dans leurs tzitzith. Comme Rabbi Guerchone ‘Hanokh était proche des disciples de Rabbi Na’hman de Breslav, nombreux furent ceux parmi ces derniers qui commencèrent aussi de la porter.

Mais cette découverte ne passa pas inaperçue auprès des autres rabbins européens, dont un bon nombre s’opposa avec vigueur à cette innovation. Des correspondances furent échangées de tous côtés, critiquant les preuves avancées par Rabbi Guerchone ‘Hanokh. Seuls aujourd’hui les ‘hassidim de Breslav et ceux qu’ils ont inspirés continuent de porter le fil d’azur. Et l’auteur du Aroukh haChoul’han a pu écrire, moins de dix ans plus tard, qu’une tentative de réintroduction du fil bleu avait été faite, mais qu’elle n’avait pas été acceptée par l’ensemble de la communauté (d’après « Le tzitzith - Un fil de lumière », du rabbin Aryeh Kaplan).

elkaim
Dimanche 8 novembre 2009 - 23:00

Kvod arav,
Concernant votre réponse à ma question 49515 sur le tehelet, j'ai disons été un peu interpellé. Dans ma question ,je vous avez bien préciser que je l'avais acheté suite à un article (d'un journal "cacher" on ne peux plus sérieux) qui disais que la plupart des rabbanims aujourd'hui reconnaissent comme étant véridique la recette pour ce fil bleu. ensuite je vous cite:qu’une tentative de réintroduction du fil bleu avait été faite, mais qu’elle n’avait pas été acceptée par l’ensemble de la communauté (d’après « Le tzitzith - Un fil de lumière », du rabbin Aryeh Kaplan).
Ceci est un peu bizarre car le tehelet est une mitsva déoraita, elle figure notamment dans le chéma,et donc je pensais qu'on n'allait pas demandé l'avis du peuple.Parce que si l'on part de ce principe, chabbat peu tout aussi bien être rendu caduque par le fait que la majorité du peuple ne le suis pas !!or c'est inconcevable (grace à D').Comment se fait il qu'il y ait une telle tolérance pour une telle mitsva ?

Emmanuel Bloch
Jeudi 12 novembre 2009 - 00:33

Chalom,

Le tekhelet n'est pas une mitsva deorayta independante, c'est un aspect de la mitsva generale de porter des tsitsioth. Celui qui porte un talith avec des fils blancs sans tekhelet a ainsi accompli son devoir (cf. entre autres Rambam, Hilkhot Tsitsit 1:4-5. Cf. Menakhot 40a).

Je ne sais pas quel article vous avez lu, mais il me semble que le peu de talithot avec fils bleus que l'on rencontre dans les synagogues est un bon indicateur du fait que la plupart des rabbanim n'ont en realite pas accepte la tentative de reintroduction.

Ce debat a fait couler beaucoup d'encre (de toutes les couleurs), mais sans vouloir trop entrer dans les details, on peut resumer la situation ainsi : aux yeux de beaucoup de rabbanim, la nouvelle recette est consideree comme "tekhelet douteuse" (תכלת מסופקת). En d'autres termes, elle est peut-etre bien la bonne, mais nous n'en avons aujourd'hui aucune certitude. De ce fait, teindre en bleu les fils du talith ne represente qu'une possibilite incertaine de realiser la mitsva sous une meilleure forme, alors que de l'autre cote de la balance se trouve par exemple l'interdiction de rajouter aux mitsvot de la Torah (bal tossif), qui selon certains avis serait enfreinte par l'adjonction d'une couleur erronee (cf. le Mordekhai, Meguila perek 1 siman 775, selon lequel l'interdiction de bal tossif peut etre violee meme en cas de doute).