Noms et mois hébraïques

cyrano73
lun 26/09/2016 - 23:00
Merci M. (rav ?) Emmanuel Bloch.
Votre réponse me surprend.
Je vous explique j'étais à un cours où le rav en citant le Ramban (je crois) disait qu'il est interdit d'utiliser le calendrier non-juif, sauf cas de force majeur...
Et là vous me dites qu'il n'y a aucune signification au calendrier juif si ce n'est de fixer les fêtes... Franchement dans ce cas, qu'on le laisse aux érudits et qu'ils nous disent quand c'est, on n'aurait vraiment pas besoin de ce calendrier...
Idem pour la question sur les noms. Ok, il n'y a pas d'injonction légale, mais ce serait une "obligation sociale" ?! Je ne comprends pas ce que vous entendez par là. En plus, par la suite vous parlez de "sagesse", de "consensus", de ne pas faire de mal à l'enfant. S'il en est ainsi, que ce n'est qu'une norme sociale, on a qu'à changer la norme et c'est tout. Que tous les juifs appellent leurs enfants comme ils veulent, qu'ils arrêtent de demander à des rabbins ce qu'ils en pensent et puis c'est tout, de toute façon ça n'a selon vous aucune signification. "De nombreux cercles" ont gardé des noms juifs, certes, mais pourquoi si ça n'a aucune portée légale ? Je reste perplexe...
Merci de votre retour.
Emmanuel Bloch
mer 05/10/2016 - 21:03
Chalom,

Pardon si ma precedente reponse vous a laissee quelque peu perplexe. Reprenons donc, et essayons de clarifier.

Je n'ai pas ecrit que le calendrier juif "n'a aucune signification si ce n'est de fixer les fetes"; ce que j'ai ecrit, c'est que le calendrier juif est utilise pour le calcul des "moments religieux" - qu'il s'agisse des fetes, des annees embolismiques, du calcul d'une bar-mitsva ou bat-mitsva ou du moment d'un yahrzeit, etc. Tout point dans le temps qui est investi d'une signification religieuse est calcule selon le calendrier religieux. Et le temps est reellement quelque chose d'important dans la religion juive.

L'anniversaire de la naissance, par contre, n'est PAS un moment religieux. Il n'y a aucune mitsva de celebrer un anniversaire de naissance. On peut le faire, ou pas - ce n'est ni prescrit ni interdit. Et, si on le fait, on peut calculer la date de l'anniversaire selon le calendrier juif ou selon le calendrier civil. C'est un acte neutre, religieusement parlant.

Il est exact que certaines opinions considerent qu'il faut s'abstenir, en general, de toute utilisation du calendrier civil. Cf. Maharam Schick, Yoreh Deah 171 pour un exemple. Mais de nombreux poskim ont utilise le calendrier civil dans la redaction de leurs responsa (cf. Havot Yair 184, 'Hatam Sofer Even HaEzer 1:43), et l'habitude est generalement de permettre le recours a la datation civile.

Pour les noms, je crois que vous avez plusieurs reponses detaillees sur le site, que je vous invite a consulter. Par "obligation sociale", j'entends qu'il n'y a rien de tranche dans les grands codes de la halakha. De tres nombreux rabbanim portaient des prenoms non-juifs. A part les considerations kabbalistiques (cf. autres reponses sur le site), le principal facteur a prendre en compte consiste en les attentes du milieu ou vous appartenez. Parce qu'appeler votre fils "Jean-Pierre", si vous vivez dans un milieu tres engage dans la religion, cela fait relativement curieux de nos jours; alors, vous ne violez pas la halakha, mais faites-vous du bien a votre enfant en ne respectant les us et coutumes de votre groupe socioculturel ?

En esperant avoir clarifie la situation...