Sans logis pour cause de lèpre

mbrc
mar 11/10/2016 - 23:00
Bonjour,

Quand la maison a la lèpre, où loge-t-on la famille ? La Torah orale a t elle prévu des maisons tout équipé certifié "cacher" de refuge temporaire ?

Si le cohen decide de faire detruire la maison, y a t il un fond d'indemnisation prévu pour l'aide a la reconstruction ?

En temps normal (pas de guerre,...),
Une famille ayant sa dignité et son intimité : pas évident de vivre chez les autres meme temporairement.
Nathan Schwob
mer 02/11/2016 - 10:44
Avant d'avoir pitié des fauteurs qui sont punis par D-ieu, il faudrait peut-être aussi comprendre ce qu'Il veut nous enseigner par les lois de Tsaraat, et en l'occurrence, que nos actes ont des conséquences auxquelles nous devons penser avant d'agir et sur lesquelles nous devrons prendre nos responsabilité, que cela nous plaise ou non.
Le talmud (Arakhin 16a) nous enseigne que la Tsaraat de la maison provient du vol ou de l'avarice. En effet, le texte de la Thora précise que le cohen venant voir la tache sur les murs de la maison, ordonnera tout d'abord de vider la maison de son contenu. Tous les biens du voleur s'éparpillent en punition de ce qu'il a fait aux biens des autres en volant. Mais surtout, fini le "ni vu ni connu" : tout le monde peut voir le contenu de la caverne d'Ali Baba et récupérer ses biens. Si la Tsaraat provenait de l'avarice, tout le monde peut juger que l'avare n'était pas si mal équipé, contrairement à ses dires. S'il refusait de prêter ses affaires, ce n'était pas parce qu'il n'en avait pas comme il le prétendait. Quelle honte.

Ceci dit, la question de la pitié qu'on peut ressentir envers les délinquants, les malfaiteurs et les criminels en tous genres est une bonne question. Sans rentrer dans les détails des différentes législations modernes tout en essayant de ne pas faire de généralisation abusive, on peut remarquer que les codes pénaux laissent aux juges la responsabilité, dans une certaine marge de manœuvre, de fixer la peine du condamné, en évaluant en particulier les circonstances atténuantes, et de facto, d'évaluer quel serait le taux de miséricorde qu'il faudrait mélanger à la justice. La justice en devient d'une certaine manière subjective, voire injuste ou inéquitable et la pitié n'y gagne pas vraiment. Par contre pour la Thora, les peines sont fixées d'avance. Leur but n'est pas seulement de prévenir par effet dissuasif mais aussi et peut être surtout d'aider le coupable à se corriger, à obtenir le pardon divin et à réparer les dégâts. Dans ce sens, la justice contient déjà une part de miséricorde. La réinsertion sociale et la réhabilitation du fauteur ne se fera qu'après la peine et non pas à sa place.

Nos sages nous enseignent aussi que le cas de la maison atteinte de lèpre, pouvait exister en vue de détruire une maison dont les murs servait de cache à un trésor, dissimulé par ses propriétaire cananéen, d'avant la conquête du pays par Josué (voir Rachi Vayikra 14,34). Dans ce cas, le pécule découvert est bien plus qu'une indemnisation et qu'un fond à la construction …