Penser à l'idolâtrie

mick636
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mer 09/11/2016 - 23:00

81867 - Penser à l'idolâtrie

J'avais entendu qu'il n'existait pas de faute par la pensée(même si la pensée peut amener à un acte qui est une faute...) à l'exception de l'idolâtrie.
Cette opinion est donc uniquement celle de Rambam à ce que je comprends de votre réponse.

Faut il rapprocher cela du sacrifice qui devient passoul si on n'a pas eu la pensée adéquate? Ou de consacrer qqc par la pensée (pour la térouma, le hekdech..) ?

Rav Sam Elikan
dim 20/11/2016 - 03:12

Shalom,

1. Le Rav Yossef Elbo (Sefer Ha'Ikkarim IV, §26) nous enseigne que l'on peut fauter par la pensée - notamment en pensant vouloir fauter ou en ayant des pensées "interdites" (notamment sexuelles - volontairement) et que dans ce cas là, la "teshouva" nécessaire n'est que le regret (h'arata). (Pour lui, une faute par la parole doit engendrer un "vidouy" et une faute par l'acte, devra engendrer des actes contraires à la faute).
On voit bien de là qu'il existe un concept de "faute par la pensée" (et pas seulement chez le Rambam).
Voyez encore dans le Nefesh HaH'ayim (Volonzhin), 1er portique, chap. 14.

2. Effectivement plusieurs rabbins ont comparé cette vision de la pensée idolâtre avec celle de la pensée "inadéquate" du sacrifice (en dehors de son temps ou en dehors de son lieu (- ou encore changement de nom et de propriétaires - cf. Rambam, hil. Psoulei HaMekoudashim 13,1)), énoncée au début du traité de Zevah'im.
Fait intéressant, là aussi le Rambam détermine que la pensée suffit (cf. Mishné laMeleh' sur hil. pesoulei hamekoudashim, id.), alors que Rashi (TB Zevah'im 41b) dit qu'il faut le dire, oralement, sans quoi on ne peut pas "agir" (et rendre le sacrifice impropre à l'accomplissement du devoir sacrificiel), la pensée n'étant pas "objective", n'ayant pas de "voix dans le monde". C'est également l'avis des Tossafot (RY dans Pessah'im 63a s.v. rabbi méir et BM 43b).

Il est encore à noter qu'il existe ainsi une discussion intéressante entre le Velveler de Brisk (H'idoushei HaGriz, Zevah'im 2b) et le Rav Elh'anan Wasserman hy"d (Kovetz Shiourim t.II, §22, lettre 2) quant à savoir si cette pensée "impropre" du sacrifice est une manière "active" de ne pas s'acquitter du sacrifice (et donc la pensée aurait bien une "consistance" du moins au niveau de la halah'a), ou alors si le fait d'avoir pensé à autre chose nuirait à la pensée "simple" (ou pourrions nous dire au "manque de pensée particulière") qui dit que de manière simple ("stama") le sacrifice est fait comme il faut.

Bref, cela donne beaucoup de matière à penser.

Cordialement,