Témoins non valables = solution à tout?

psg
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mar 13/09/2016 - 23:00

Pardonnez-moi, mais suite à votre reponse sur ma question 81440, si vous affirmez qu'un mariage n'est pas valable si les témoins ne sont pas kasher , alors des centaines de mariages ne le sont pas !
Avez-vous déjà vu un rabbin qui officie un mariage, demander aux témoins s'ils sont chomer Shabbat ?
Bien souvent les témoins ont choisis par les mariés , non pour leur engagement religieux mais juste pour faire plaisir.
Dernière précision : ma question ne cherchait absolument pas à trouver des "issues" de sortie à des maris volages, mais plutôt à trouver une parade pour les femmes Agounots qui représentent un réel problème dont bien des rabbins n'en ont cure.

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Rav Sam Elikan
jeu 15/09/2016 - 07:34

Shalom,

1. Ce n'est pas mon opinion, mais ce qui est marqué dans le Shoulh'an Arouh' (Even HaEzer siman 42, seif 5 et H'oshen Mishpat siman 34, se'ifim 1 et 23) - un témoignage donné par quelqu'un qui n'est pas apte selon la halah'a est témoigné est caduc et c'est comme s'il n'y avait pas de témoignage.
Par ailleurs, la halah'a dit qu'un mariage sans témoignage n'est pas valide (Sh. Ar. EH 42,20 selon TB Kidoushin 65b ; resp. Rivash §6 ; resp. Radbaz IV, §298 ; cf. Ktzot HaH'oshen, HM 241)...

Ainsi, non seulement le rabbin officiant le mariage doit s'assurer que les témoins sont "casher" (et donc shomrei shabat, entre autres), mais également - selon certains - il faut leur demander de "faire teshouva" avant le mariage, pour être sûrs qu'il n'y ait aucun problème... C'est notamment l'avis de mon maître le Rav N.E. Rabinovitch.

Quoi qu'il en soit, pour avoir assisté à de nombreux mariages, je peux vous dire - en Israël en tout cas - qu'à peu près tous les rabbins orthodoxes font très attention à ce que les témoins soient religieux.

2. J'avais bien compris que votre question partait d'un bon sentiment, mais, comme dit, cela crée plus de problèmes que cela n'en résout.

Permettez moi aussi d'ajouter deux précisions :

- une première lexicale - beaucoup de gens se trompent, donc il est bon de le préciser : une femme "agouna" est une femme dont la mari a disparu (en mer ou dans un autre pays notamment) et on ne sait pas où il est. Une femme dont le mari refuse de donner le guet s'appelle "messorevet guet".

- une seconde concernant votre remarque "bien des rabbins n'en ont cure" (sic) : je ne sais pas pour tous les rabbins, mais je peux vous assurer que tant dans la littérature hilh'atique que dans l'écrasante majorité des Batei-Din - s'il y a des cas d'agounot/messoravot guet, tout est fait - dans la mesure des limites hilh'atiques - pour aider la femme enchaînée dans les liens du mariage.

Cordialement,