Conversation 8138 - La Torah contre tous

Anonyme
Lundi 14 juillet 2003 - 23:00

Chalom Rav
J'aurai une question à vous poser concernant le Limoud Hatorah.
Est-ce que l'enseignement énoncée par nos Maîtres que: "Talmoud Torah Kénéguéd Koulam" est à considérer comme une Hala'ha ayant des implications ou bien est-ce un Drach?
Et si c'est une Hala'ha, est-ce que cela signifie que le Talmoud Torah a la priorité sur toutes les autres Mitsvot à tel point que si une Mitsva se présente devant nous et que l'on est en train d'étudier, il ne faudrait pas s'interrompre pour accomplir cette autre Mitsva, et ce, même si c'est une Mitsva Chébégoufo? Si c'est ainsi, on devrait appliquer le principe de "Haossék bamitsva patour min hamitsva" également et à fortiori sur le Talmoud Torah?
Or voila que dans plusieurs cas tels que la recherche du 'Hamets ou la lecture de la Méguila ou encore d'autres cas, si on est en train d'étudier, on doit s'interrompre pour écouter la Méguila...
Bien plus, il est impossible de considérer le principe de "Haossék Bamitsva Patour Min Hamitsva" pour le Talmoud Torah car ce principe n'est valable seulement quand on est en train d'accomplir une Mitsva. Or, dans le Talmoud Torah, à chaque mot que l'on prononce, on accomplit une Mitsva et donc le Talmoud Torah contient un nombre inquantifiable de Mitsvot (le Gaone). Si c'est ainsi, dans l'étude, si on s'arrête, on aura déjà accompli les Mitsvot de l'étude; on n'est plus dans une Mitsva et donc on ne peut pas dire "haossék...patour min hamitsva".
Si c'est ainsi, comment comprende le principe de "Talmoud Torah Kénéguéd Koulam" impliquant que le Limoud a toujours la priorité sur toutes les autres Mitsvot?
Je vous remercie par avance pour la réponse que vous m'apporterez en vous félicitant et vous souhaitant une grande Hatsla'ha pour votre site. Kol Touv

Rav Elyakim Simsovic
Lundi 14 juillet 2003 - 23:00

La clé de cette question réside dans le principe directeur "bamé dévarim amourim", c'est-à-dire de quoi parle-t-on ? Par exemple, étant occupé à la réalisation d'une mitsva donnée et le temps d'une autre mitsva se présentant à ce moment-là, dois-je m'interrompre ou finir d'abord la mitsva en cours ? De plus, si la mitsva qui se présente n'est pas "hovat hagouf", c'est-à-dire qu'elle peut être accomplie par n'importe qui, y a-t-il quelqu'un d'autre présent qui pourrait la réaliser ou si je ne m'en occupe pas elle sera orpheline ?
En ce qui concerne le Talmud-Thora, il y a aussi une différence entre ceux qui fixent un temps pour l'étude et ceux dont on pouvait dire que la Thora était leur "métier" (Thoratam oumanoutam, qui est reconnu en fait seulement pour ceux qui pourraient être comparés à Rabbi Chiméon bar Yo'haï et ses compagnons...)
Sans rentrer dans le pilpoul détaillé de l'analyse qui pourrait remplir des pages, je vous rapporterai un 'hidouch de rav Askénazi zatzal à ce sujet : Talmoud-Thora kénégued koulam signifie qu'il y a une manière spécifique d'étudier toute la Thora focalisée sur chacune des mitzvoth particulières. Kénégued koulam, par rapport à chacune individuellement, il y a un Talmud-Thora, une dimension d'étude de la Thora tout entière récapitulée dans cette mitzva. Et aussi, une manière d'étude où toutes les mitzvoth sont unifiées de manière indissociables alors que le risque est à chaque fois le morcellement de la Thora dans la pourssière des mitzvoth particulières.

Anonyme
Mardi 15 juillet 2003 - 23:00

Chalom Rav
Je tenais à vous remercier pour la réponse que vous m'avez apporté à propos des bra'hot relatives au sandwitch mezonot (8140) et à propos de la réponse à la question 8138 intitulé: la torah contre tous.
Néanmoins, en essayant de relire plusieurs fois la réponse à la question 8138, je ne vois pas comment cela répond à ma question. En effet, ma question portait sur le double caractère contradictoire de l'étude: d'un coté, l'étude équivaut à toutes les autres Mitsvot signifiant que l'étude prime sur les autres Mitsvot et devrait les repousser. Et d'un autre côté, les autres mitsvot tels que la kriat méguila, bdikat 'hamets... peuvent interrompre une étude de la torah déjà commencée.
Or, au niveau de la réponse, vous précisez tous les différents cas où l'on dit: "haossék bamitsva patour min hamitsva" (sous forme interrogative) et définissez la signification de "talmoud torah kénéguéd koulam", mais je ne vois pas quel est le 'hilouk pour montrer qu'il n'ya pas de contradiction au niveau du Talmoud Torah en lui même. Je ne vois pas le "bamé dvarim hamourim".
Je vous remercie par avance et encore bravo pour tout le travail que vous faites.

Rav Elyakim Simsovic
Mercredi 16 juillet 2003 - 23:00

J'ai essayé d'expliquer que l'expression "Talmud Thora kénegged koulam" ne signifiait pas que l'étude de la Thora remplaçait toutes les autres mitzvoth comme le respect des parents, la bienfaisance, etc.
Une telle approche signifierait que l'étude de la Thora pourrait nous rendre insensibles aux misères qui nous entourent et même nous couper de nos parents. Avouez que ce serait surprenant. C'est donc la base de votre prémisse qui se trouve annulée et la question ne se pose plus.